L'Hippodrome se situe entre la mosquée de Sultanahmet et le Palais de Justice.

L'Hippodrome, situé entre la mosquée de Sultanahmet et le Palais de Justice, était un important lieu de sport et de divertissement durant les époques romaine et byzantine, jusqu'au Xᵉ siècle. Dans ce stade, outre les courses de chars (quadrigas) menées par des gladiateurs, on assistait à des spectacles musicaux, des représentations de danse, des numéros d'acrobates et des exhibitions d'animaux féroces.

L'Hippodrome a la forme d'un immense U. À l'est se trouvait la loge impériale, telle une tribune, ornée de quatre statues de chevaux en bronze. Au centre s'étendait l'arène sablonneuse, divisée en deux par un muret autour duquel les chars évoluaient.

Sur ce muret étaient ornés de monuments rapportés de divers lieux de l'empire, ainsi que de statues de célèbres cavaliers et de leurs montures. Un aurige renommé y trouvait une profusion de cadeaux et de présents. Les concurrents étaient répartis en équipes selon leur puissance politique et identifiés par des couleurs : vert, bleu, jaune, rouge. Avec la politisation des courses, la compétition devint plus féroce et dégénéra en terribles massacres. En bref, l'Hippodrome n'était pas seulement un lieu de divertissement, mais aussi un centre politique.

L'Hippodrome actuel doit son apparence aux trois colonnes restantes, qui s'élèvent à 4 ou 5 mètres du sol. Les monuments sont alignés sur un axe central appelé « Spina ». L'obélisque qui s'y trouve est devenu le symbole de l'Hippodrome. D'origine égyptienne, il fut érigé en 1600 avant J.-C. par le pharaon Thoutmosis au temple de Karnak. Taillé dans un seul bloc de granit rose, l'obélisque fut transporté à Istanbul en 390 et installé à l'Hippodrome. Il repose sur un socle de marbre soutenu par quatre piédestaux de bronze. Les quatre faces du socle sont ornées de motifs en relief représentant Théodose Ier, ses fils, son épouse et ses assistants dans des scènes de l'Hippodrome, notamment l'érection du monument. Deux inscriptions ornent le socle du monument : l'une en latin, l'autre en grec ancien. L'inscription latine, qui semble prêter sa voix au monument lui-même, décrit les raisons de son érection et la durée de sa construction. On peut y lire :

Au début, j'ai résisté, mais j'ai obéi à l'ordre de mon grand souverain. Il était nécessaire de porter la couronne de la victoire sur les tyrans vaincus, qui s'inclinaient devant Théodose et sa lignée interminable. Ils ont triomphé de moi aussi, et sous la supervision de Proclos, j'ai été contraint d'être érigé en trente jours.

L'inscription grecque est plus sobre ; la pierre ne parle pas ici. Seul le grand empereur Théodose pouvait oser ériger quatre pierres destinées à reposer éternellement en terre. Il fit appel à son assistant Proclos et, ainsi, en trente jours, la pierre fut érigée.

La finalité de tels obélisques était purement psychologique : accroître le pouvoir et la gloire de l'empereur aux yeux du peuple.

L'obélisque a 3735 ans, soit plus vieux qu'Istanbul elle-même (2700 ans) ! Lors de la conquête de l'Égypte par Rome, le grand empereur Théodose fit transporter par bateau l'ancien obélisque, érigé en 1736 av. J.-C. par le pharaon Thoutmosis, jusqu'à son emplacement actuel à Istanbul. Selon ces calculs, l'obélisque dont le pharaon était si fier aurait été construit 437 ans avant le départ d'Abraham pour l'Égypte !

La colonne serpentine est un autre monument de l'Hippodrome, transporté à Istanbul au IVe siècle. Cette colonne fut fabriquée à partir du butin fondu pris lors de la victoire des Grecs sur les Perses. Elle était surmontée d'un chaudron d'or. Ce chaudron était fixé par des spirales, chacune en forme de serpent. Au siècle dernier, la tête de l'un de ces serpents fut découverte lors de fouilles archéologiques et placée au Musée archéologique d'Istanbul.

Constantin Porphyrogénète Istanbul

La colonne de Constantin Porphyrogénète, l'obélisque tressé, se trouve également dans l'Hippodrome. Cette colonne était autrefois recouverte de plaques de bronze.

Outre celles du quartier de Sultanahmet, on trouve divers autres monuments dans d'autres quartiers d'Istanbul, généralement nommés d'après leur emplacement ou le nom de leur commanditaire. L'un d'eux est l'obélisque de Goth, situé dans le parc Gülhane. Bien que sa date exacte soit inconnue, on pense qu'il date du IVe siècle. Son corps monolithique repose sur une base composée d'une haute colonne surmontée d'un chapiteau de style corinthien.